En son sens premier, le lolicon incarne l’attirance qu’éprouvent certaines personnes vis-à-vis des adolescentes féminines âgées de 7 à 13 ans, mais dans l’imagerie populaire il s’agit de manga pédopornographique mettant en scène de jeunes filles. Le terme « lolicon » est l’abréviation de « lolita complex », et proviendrai d’un roman de Vladimir Nabokov, Lolita.
Ce terme regroupe en réalité quelque chose de bien plus complexe, avec beaucoup de variables, et des divergences d’un pays à un autre. Le lolicon est caractérisé dans l’esprit commun à un manga pornographique, tel que les hentai. Mais derrière ce terme se cache également un fait avéré qu’au Japon, lolicon renvoi également à des images de jeunes adolescentes fictives ou réelles, et qu’en conséquence on assimile cela à de la pédophilie.
Il est bien difficile de comprendre. Si cela met en scène des mineures, pourquoi autoriser sa production et sa consommation ? Ceci est parfaitement légale au Japon, mais pas dans tous les pays comme nous le verrons ultérieurement. On pense que le fait que ce soit une production fictive, un simple dessin, ne créé pas de victime, et qu’en conséquence il n’y a rien de grave. Mais la question qui se pose, c’est est-ce que cela atténue ou au contraire fait évoluer les agressions sexuelles sur les mineurs ? Mon avis personnel est que la vision de ces images provoquerait, à terme, une envie de « faire pareil » dans un esprit fragile, ou encore d’assimilé l’enfant à un objet sexuel. Toutefois, il semblerait qu’au Japon l’effet inverse se soit produit, car au contraire le nombre d’agressions sur les enfants ont diminués, ce qui favorise les défenseurs du lolicon qui pensent qu’au contraire, cela permet d’éliminer les tensions ressentis par les pédophiles.
On trouve également des variables au lolicon, qui n’est pas uniquement un manga pédopornographique, à commencer par le « loli photobook », qui est un album photos de mineurs habillés, mais dans des positions assez parlantes… Il s’agit là d’une forme de commerce légale au Japon. Le problème, c’est que là il ne s’agit pas de dessins, mais bel et bien de vrais mineurs photographiés… Les jeux-vidéos sont assez répandus, ou le but est de séduire un personnage pour avoir des rapports sexuels avec. Il ne faut toutefois pas confondre le lolicon avec les mangas pour adultes, qui sont des représentations pornographiques mais mettant en scène des adultes, ce qui n’est donc pas de la pédophilie. Il existe une version lolicon mettant en scène des enfants et adolescents masculins, appelé « shotacon ».
On peut trouver le lolicon choquant, car en effet il s’agit là de mineures de 7 à 13 ans… Il y a malheureusement pire, ce que l’on appelle le « toddlerkon » ou « bebikon » (toddler en anglais signifiant « très jeune enfant » et bebikon étant la contraction de « baby complex ») met en scène des enfants âgés de 6 ans et moins…
Certains pays interdisent ce genre de production virtuelle, tels que les Etats-Unis, ce qui peut paraître surprenant. L’interdiction s’est déroulée en deux étapes, à commencer par une action de la Cour Suprême qui décida en 2002 que le fameux « Child Pornography Prevention Act » de 1996 était anticonstitutionnel car il prohibait les « productions qui ne provoquent ni crimes ni victimes. La pédopornographie virtuelle n’étant pas intrinsèquement liée à l’abus sexuel des enfants. ». Mais Georges W. Bush promulgue le 30 avril 2003 la « Ambert Alert Law » et fait de la pédopornographie virtuelle un crime. Toujours sur le même continent, le Canada interdit également la pédopornographie grâce à l’article 163.1 de son code criminel, qui rend illégal « toute représentation photographique, filmée, vidéo ou autre, réalisée ou non par des moyens mécaniques ou électroniques ». Enfin, l’Afrique du Sud et son « Films and Publications Amendment Bill » de septembre 2003 déclare qu’il n’y a pas de distinctions entre de la pédopornographie réelle et virtuelle et que les deux sont illégales. Les Pays-Bas, pourtant réputé pour la liberté de leur constitution et de la légalisation du NVD, le fameux parti des pédophiles, interdisent également ces productions depuis le 1er octobre 2002, avec une loi qui stipule que la pornographie mettant en scène des enfants était interdite. Toutefois, une ambiguïté subsiste, car une loi interdit la pornographie mettant des mineurs se livrant explicitement à des actes sexuels, ce qui rend flou la légalité du lolicon…
D’autres pays restent ambigu dans leurs lois, à commencer sans surprise par la France, dont la loi interdit « toute représentation d’un mineur lorsque cette image ou cette représentation présente un caractère pornographique ». Ce qui pose problème, comme aux Pays-Bas, c’est la difficulté de définir un mineur sur un dessin… On retrouve cette même ambiguïté en Allemagne et en Angleterre. Toutefois, en France, depuis le 12 septembre 2007, il y a jurisprudence et le lolicon est par conséquent interdit.
Pour conclure, on notera toujours cette difficulté qu’on les différents pays vis-à-vis de leur législation sur la pédopornographie… On n’ose pas se placer clairement. De plus, ce qui choque est le fait que des personnes puissent aimer regarder des productions, même fictives, mettant en scène des jeunes filles si peu âgées… Mais il faut aussi se rappeler que ces productions sont sorties de l’esprit d’une personne, qui donc des deux est le plus pervers ? La question reste toutefois entière, étant donné que c’est une fiction, doit-on considérer cela comme de la pédophilie ? Etant donné que ce ne sont pas des victimes, doit-on l’interdire complètement ?
Julien SAUVION